Les Chevaliers d’Héliopolis, tome 1 : Nigredo, l’œuvre au noir, Alejandro Jodorowsky & Jérémy

 

Genre : bande dessinée, historique
Scénario : Alejandro Jodorowsky
Dessins : Jérémy
Nombre de pages : 56
Éditeur : Soleil
Publication : mai 2017

 


Quatrième de couverture

Mai 1892. Le Professeur Moriarty se sacrifie pour empêcher les anciens Dieux de fouler la Terre. Ces derniers l’attirent sur leur monde pour lui faire payer. Ainsi disparaît l’ennemi du détective.
Juin 1893. Femme d’affaires habituée à nager en eaux troubles, Meredith Rutherford rentre chez elle et a la surprise de tomber sur un intrus qu’elle connaît bien : James Moriarty, de retour à Londres après une année d’exil. Une expérience qui en a fait un homme encore plus redoutable qu’il ne l’était déjà. Et qui le conduit à une nouvelle croisade.

Ma chronique
Je vais avoir grand mal à étoffer ce synopsis, car tout l’attrait de la BD y est dévoilé.
Je fais partie de ceux qui ont succombé à sa couverture. Elle est plutôt bien conçue, elle est splendide et joue à merveille son rôle puisqu’elle attise bien la curiosité.
Outre le contexte historique de la Révolution française qui offre l’occasion de rappeler les mœurs, heureusement, désuètes de l’époque. La présentation des personnages est bien faite, ils sont tous une belle dimension. Toutefois, nous n’avons pas grand-chose pour nous attacher au personnage principal.
Certains y verront peut-être un moyen subtil de prévoir la suite. Alors, les amoureux des sociétés secrètes et des alchimistes, ils y trouveront tous les éléments qu’ils affectionnent.
Pour ma part, j’ai bien apprécié le graphisme qui est, sans conteste, plaisant. Toutefois, mon instant de détente fut agréable certes, mais de courte durée. La lecture de cette BD fut trop fugace. J’ai regretté le manque de scénario, qui a rendu les vignettes plus qu’anorexiques. Comme je suis malgré tout restée sur ma fin, j’ai quand même précommandé le deuxième tome.

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Le Livre de toutes les réponses sauf une, Manon Fargetton

le livre de toutes les réponses

 

Genre : jeunesse, fantastiquetrès bien
Nombre de pages : 192
Éditeur : Rageot
Publication : octobre 2017

 

 

 

Quatrième de couverture
On l’appelle le Livre des réponses. Il vient de la nuit des temps. S’il se consume, il renaît de ses cendres. Il est le trésor de la bibliothèque de Pandora. Il répond à toutes les questions. Bérénice, son amie, va-t-elle lui poser celle qui lui brûle les lèvres depuis si longtemps ? Et le Livre lui dévoilera-t-il enfin la vérité ?

Ma chronique
Bérénice est nouvelle dans son collège, ayant déménagé il y a peu. Il faut dire qu’avec son nom de famille (Lamort), il y a de quoi appréhender. Mais même si elle ne peut pas éviter les moqueries, elle va se rapprocher de Pandora, qui a jusqu’alors toujours été scolarisée à domicile, et de Lazare, qui est lui aussi pas tout à fait comme les autres. Soudés grâce à leurs singularités, ils vont en faire une force. Mais Bérénice garde tapi au fond de son cœur un manque qu’elle ne pourra jamais combler. Dans ce roman sont abordés les thèmes de l’amitié, de la différence, de l’absence, et le tout est parsemé d’une touche de fantastique, qui tient en un objet peu commun qui pourrait bien bouleverser à jamais la vie de nos deux jeunes héroïnes.
Manon Fargetton nous offre ici un très beau récit mettant en scène trois protagonistes atypiques, issues de familles elles aussi peu ordinaires. Bérénice vit avec une mère actrice de théâtre, et un père musicien. Elle dissimule une profonde blessure, et c’est avec beaucoup d’émotion que le lecteur prend conscience de ce dont il s’agit. Promise à un destin singulier, Pandora habite au sein d’un manoir, avec sa tante et ses parents, tous deux chercheurs, qui détiennent un réel trésor dans leur bibliothèque qui est absolument magnifique (et qui a de quoi faire rêver plus d’un amoureux des livres). Lazare est quant à lui un garçon qui pourrait sembler fermé au premier abord, mais il s’ouvre aux deux filles, et on découvre alors un personnage doté de sens de l’humour. Leurs parents ont également une place non négligeable dans le récit, et j’ai tout particulièrement apprécié le père de Bérénice, qui m’a touchée.
Le tout est porté par une écriture très vivante et fluide et enrobé d’une très jolie couverture. Les chapitres sont courts, et tous ornés d’un petit dessin à leur tête. Cela apporte un dynamisme à l’ensemble, passant en peu de temps d’un lieu à un autre, faisant évoluer assez rapidement les situations. Mais cette œuvre est aussi une source d’interrogations pour le lecteur. Elle nous invite à réfléchir à la nécessité et l’intérêt d’avoir les réponses à certaines de nos questions, ou à la façon dont on peut parvenir à gérer l’absence d’un être cher. Y sont également rappelées l’importance et la beauté de l’amitié. Destiné à la jeunesse, je pense qu’il faut cependant que le lecteur ait une certaine maturité pour apprécier pleinement Le Livre de toutes les réponses sauf une, notamment à cause du choix des thèmes.
Seul petit point négatif que je me dois de relever : j’ai repéré trois ou quatre coquilles au cours de ma lecture. Dommage, sans cela, ce livre aurait été quasiment parfait !

Citation
« Les rayonnages débordants de livres emplirent son champ de vision tandis que les odeurs familières du cuir et du papier s’engouffraient dans ses narines. » page 38

Sherlock Holmes – Les Chroniques de Moriarty, tome 1 : Renaissance, Sylvain Cordurié & Andrea Fattori

 

Genre : bande dessinée, fantastique
Scénario : Sylvain Cordurié
Dessins : Andrea Fattori
Nombre de pages : 48
Éditeur : Soleil
Collection : 1800
Publication : septembre 2014

 

Quatrième de couverture
Mai 1892. Le Professeur Moriarty se sacrifie pour empêcher les anciens Dieux de fouler la Terre. Ces derniers l’attirent sur leur monde pour lui faire payer. Ainsi disparaît l’ennemi du détective.
Juin 1893. Femme d’affaires habituée à nager en eaux troubles, Meredith Rutherford rentre chez elle et a la surprise de tomber sur un intrus qu’elle connaît bien : James Moriarty, de retour à Londres après une année d’exil. Une expérience qui en a fait un homme encore plus redoutable qu’il ne l’était déjà. Et qui le conduit à une nouvelle croisade.

Ma chronique
Le Napoléon du crime, James Moriarty est piégé dans un monde parallèle par des Dieux anciens, dans lequel ils prennent plaisir à le torturer sans cesse avec une grande perversité. Un jour, il parvient à se libérer de leur joug et retourne sur Terre. Arrivé à Londres dans le plus grand secret, il va avec l’aide de l’un ses anciens contacts, Meredith Rutherford, retrouver tous les exemplaires du livre alchimique Nécronomicon, dans le but d’empêcher les Dieux anciens d’envahir la Terre.
La parité entre le graphisme et le texte est plutôt bien respectée. Les dessins sont soignés et la taille des vignettes est correcte.
Le charisme légendaire de Moriarty n’a rien perdu de sa superbe. Ce personnage demeure intelligent et surtout cruel.
Fans de policier de la fin du XIXe siècle et début du XXe, abstenez-vous. Ne vous attendez pas à une énigme policière traditionnelle, il s’agit bien d’une histoire fantastique.
Même si le scénariste a voulu rendre hommage à l’œuvre de Sir Conan Doyle, je dois avouer que j’ai eu du mal à replacer cette histoire dans le fil de l’œuvre du célèbre auteur. Donc en manque cruel d’indices, j’ai mis un peu de temps pour m’en imprégner. Si vous voulez éviter cet état, je vous conseille de lire avant ce tome, Sherlock Holmes & le Necronomicon qui semble être la passerelle tant recherchée. J’admets que j’ai toutefois passé un bon moment, et mon intérêt me pousse même à me plonger dans le deuxième tome.

Les Louves, Flore Balthazar

 

Genre : bande dessinée, historique
Nombre de pages : 200
Éditeur : Dupuis
Collection : Air Libre
Publication : février 2018

 

 

Quatrième de couverture
La Louvière, Belgique, 1940. Les armées allemandes déferlent sur l’Europe, et la petite Bourgeoisie, et la petite Belgique est vaincue en 18 jours. Durant les quatre longues années que va durer l’occupation nazie, il va falloir vivre, survivre et garder l’espoir. Marcelle, Marie-Thérèse, Yvette, Marguerite, Lucienne, Liliane… Dans cet ouragan historique, quelle sera leur vie, quels seront leurs choix ?

Ma chronique
L’ouvrage débute en Belgique, en septembre 1939, lorsque les troupes allemandes pénètrent sur le sol polonais, et se clôt en juin 1949. Nous allons suivre cette guerre à travers le personnage de Marcelle, qui est la seconde enfant d’une fratrie de cinq. Elle va nous faire part de sa perception de l’histoire en se confiant au lecteur, par le biais de réflexions sur la situation au fur et à mesure que les éléments se déchaînent autour d’elle et de sa famille : son père va être réquisitionné par l’armée belge, puis vont arriver le rationnement, les bombardements qui obligent la population à se cacher dans les caves, mais également une atmosphère oppressante, car la mort rôde, et la résistance s’organise.
J’ai aimé les personnages, qui apportent tous leur plus au récit. Deux sont particulièrement mis en avant. Marcelle, narratrice et brillante élève, va malgré tout parvenir à poursuivre ses études. Nous allons suivre ses craintes, ses questions, mais aussi ses prises de position. Son existence de jeune adulte est bercée par un climat délétère, par l’absence de son père dont elle ne sait même pas s’il est toujours en vie, par la faim qui taraude sa sœur et ses petits frères, et par l’injustice omniprésente. Marguerite, une enseignante engagée, est prête à se sacrifier au nom de la liberté et des valeurs qui lui sont chères.
Je dois reconnaître que l’histoire de la Belgique pendant la Seconde Guerre mondiale m’était relativement inconnue. J’en ai donc beaucoup appris, et en particulier sur la place de la femme pendant cette période. Plusieurs fois, Flore Balthazar fait un parallèle entre les êtres humains et les loups – d’où le titre de l’œuvre –, et j’ai trouvé cette métaphore très intéressante. Par ailleurs, cet ouvrage est en partie biographique, puisque Marguerite, Marcelle et sa famille ont bel et bien existé, comme le prouvent l’annexe et les photos qui l’accompagnent. J’ai aussi beaucoup aimé les belgicismes qui colorent ce récit, et les quelques notes d’humour qui montrent que, malgré tout, la vie continue pour ceux que la guerre n’a pas décimés.
Nous sommes donc en présence d’une œuvre poignante, au scénario et aux dessins soignés, qui nous permet de découvrir un pan de l’histoire avec des héroïnes du quotidien, celles qui ont fait tourner le pays pendant que les hommes étaient au Front.

Citation
« Maintenant, c’est fini. Le soleil a percé les nuages. Ce n’est plus un mot vide de sens. Je sais ce que c’est que la guerre. » page 39